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L'importation de glace norvégienne à Quiberon.
"La pêche, à en juger par les documents fut
dès les XVIlè et XVIllè siècles,
une activité importante et rémunératrice
à Quiberon. La sardine pressée et l'huile de
sardine donnaient lieu à un commerce lucratif. Dès
le XVIIè siècle les pêcheurs quiberonnais
achetaient de la rogue aux Norvégiens. C'est probablement
ce commerce traditionnel avec la Scandinavie qui permit de
créer un nouveau courant commercial grâce au
fret lourd représenté par la glace naturelle.
A la fin du siècle, le découpage et le transport
des blocs de glace provenant des lacs ou des glaciers nordiques
prit une dimension industrielle grâce à l'emploi
de machines à vapeur mettant en rotation des scies
circulaires .(cf. De Naatuur. Paris ; 1883, p 180-181
; J. Sternberg et P. Chapelod ; L'art de découper la
glace.)
L'importation se révéla indispensable lorsque
le marché du poisson frais gagna de l'ampleur et de
l'étendue grâce à la construction d'une
ligne de chemin de fer par la Compagnie privée du Paris
Orléans : Elle fut inaugurée au mois de juillet
1882. L'installation d'usines de conserves de la sardine selon
le procédé inventé par Nicolas Appert
vers 1820, nécessita le développement du trafic
des pondéreux avec les fabriques de Basse-Indre et
de Nantes qui fournissaient le fer blanc ; les machines et
les capitaux nécessaires aux installations des "friteries",
à Quiberon.
Le transport rapide par voie ferrée
permit la livraison de sardines conservées fraîches
dans la glace. L'importation de la glace naturelle fut inaugurée
à l'initiative des mareyeurs quiberonnais en particulier,
des chefs de famille Le Buhé et le Quellec. La première
exerçait en outre l'activité d'armement de voiliers
et possédait plus d'une dizaine de voiliers pratiquant
le cabotage.
Pour conserver la glace débarquée
à Port Haliguen par des goélettes norvégiennes
il fallut aménager des silos à glace : Les capitaux
furent réunis par les familles susnommées.

Un silo fut construit à Port Haliguen,
à l'initiative des Le Quellec, probablement. Deux autres
furent creusés dans la granulite au sud et à
la sortie du Bourg vers Port Maria où se trouvaient
la criée et les magasins de mareyeurs. Du silo de Port
Haliguen il ne subsiste plus de trace et j'ignore où
il était situé. Au contraire il reste à
l'état des sections du cadastre des indications sur
les deux silos du bourg. Leurs fondations sont encore visibles
derrière la Pharmacie Desmas dans la propriété
de l'assureur Level.(?) Ils occupent les numéros 971-912-973
de la section Ay du Bourg au cadastre rénové.
Les silos profonds de cinq mètres
environ dans le sol. Leurs parois étaient étaient
revêtues de planches, séparées de la roche
par du charbon de bois et une écorce de liège
de 0,20 mètre d'épaisseur. Il avait un diamètre
de 10 mètres et pouvait stocker 153 m3 de glace. Celui
de l'est était encore plus grand : il avait un diamètre
de 15 mètres et pouvait recevoir 235 m3 de glace. Tous
deux avaient au dessus du niveau du sol des murs circulaires
de 2,50 mètres de hauteur faits de maçonnerie
et crépis et le tout était coiffé de
toits de chaume coniques dont le sommet portait un chapeau
de zinc. Le chargement se faisait par des portes aux linteaux
de bois de bonne largeur (2,50 m. environ) et hautes de 2
mètres. La glace charriée depuis Port Haliguen
se présentait en blocs cubiques ou sous forme de barres
de dimensions assez variées La charrette à gauche
de la photo était conduite par une femme en coiffe
d'Auray qui lors d'une opération de chargement déplora
la perte du cheval blanc, nommé Bijou celui-ci, ayant
trop reculé, tomba avec le véhicule dans le
bassin et se noya.
Cette activité disparut dès
que fut vulgarisée la fabrication de la glace artificielle,
ce qui eut lieu dans les années 30."
Crédit M.Luco
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