
Emmanuel, marquis de G r o u c h
y,
Paris 1766 - Saint-Etienne 1847
Comte de l'Empire
Maréchal de France
Grand Aigle de la Légion d'honneur
Pair de France
Aristocrate, fils d'officier, sa famille est connue pour
être liée aux grands écrivains et penseurs de la fin de
l'Ancien Régime. Grouchy passe par l'école d'artillerie
de Strasbourg en 1780, il est promu lieutenant d'artillerie
en 1781, puis passe capitaine au Royal Etranger Cavalerie
avant d'être nommé en 1786 à la compagnie écossaise de
la Garde Royale, avec rang de lieutenant-colonel. Rallié
aux idées nouvelles, il est le beau-frère de Condorcet
par sa soeur Sophie et de Cabanis par son autre soeur
Charlotte, il intègre l'armée et devient colonel en 1792
puis maréchal de camp. Il prend part à la conquête de
la Savoie. Il défend Nantes contre les vendéens, mais
est suspendu comme noble et exclu de l'armée. Il reste
discret et passe la Terreur sans encombre, après la chute
de Robespierre, il reprend du service.
Nommé général de division, il participe à l'affaire de
Quiberon comme chef d'état-major de Hoche. Il part pour
l'expédition d'Irlande et revient après l"écheec de débarquement.
Affecté en Italie sous les ordres de Joubert, il est présent
à Novi, mais cerné, il tombe couvert de blessure et fait
prisonnier. Echangé après une année de captivité, il proteste
par écrit contre l'établissmenet du Consulat, mais est
affecté dans l'armée des Grisons en été 1800, il chasse
les Autrichiens de l'Engadine. Affecté ensuite à l'armée
du Rhin sous Moreau, il s'illustre à Hohenlinden. il continue
vers Vienne, arrive à Steyer où est signé l'armistice.
Son amitié avec le général Moreau vaut à Grouchy la suspicion
de Bonaparte, qui ne lui donne aucun commandement jusqu'à
la campagne de 1805. Après Ulm, Il tombe malade et doit
quitter sa division pour rentrer en France.
En 1806, il pourchasse les débris de l'armée
prussienne après Iéna, contraint Hohenlohen à la capitulation.
En 1807, il est à Eylau où il est blessé, il se distingue
à Friedland et est nommé Grand Aigle de la Légion d'honneur
après la victoire. Il est envoyé en Espagne en 1808 sous
les ordres de Murat, il devient gouverneur de Madrid, et
réprime l'insurrection de mai 1808. Comte de l'Empire au
début de l'année suivante, il participe à la campagne contre
l'Autriche. Il décide de la victoire de la Raab, et se couvre
de gloire à Wagram, ce qui lui vaut d'être nommé colonel
général des chasseurs à cheval de la Garde. Il commande
le 3e corps de cavalerie lors de la campagne de Russie,
est blessé à la Moskowa, se bat admirablement à Maloyaroslavets
sous les ordres de Eugène et à Krasnoïe. Il prend le commandement
du "bataillon sacré", qui protège l'Empereur durant la retraite.
Il se fâche avec Napoléon en 1813, ce dernier
voulant le maintenir à la tête de la cavalerie alors que
Grouchy souhaite un commandement dans l'infanterie. Il reste
fidèle et reprend du service lorsque la France est envahie
et prend la tête de la cavalerie de la Grande Armée. Il
est à Briennes, à Vauchamps, à la Rothière, à Montmirail,
à Troyes et à Craonne, où il est grièvement blessé. Lors
de l'arrivée de Louis XVIII, il se rallie et devient inspecteur
général de la cavalerie. Mais dès le retour de l'Empereur,
ce fidèle parmis les fidèle est l'un des premiers à le rejoindre
et fait prisonnier le duc d'Angoulême. Cet acte lui vaut
son bâton de maréchal et d'être nommé pair de France.
Il suit l'armée pendant la campagne de Belgique.
Il contribue à la victoire de Ligny le 16 juin, mais, chargé
par Napoléon de poursuivre les Prussiens, il exécute cet
ordre aveuglément malgré les supplications de son adjoint,
le futur général Gérard, et ne comprend que trop tard son
erreur de ne pas avoir été présent à Waterloo. Il assurera
pourtant le repli en bon ordre après la défaite. Proscrit
par Louis XVIII qui ne lui pardonne pas l'arrestation du
duc d'Angoulême, il se réfugie aux États-Unis, à Philadelphie
où il demeure cinq années. Son titre de maréchal lui a été
supprimé et il n'est autorisé à rentrer en France qu'en
1820 au grade de lieutenant général (général de division).
Louis-Philippe lui rend ses anciens titres et le nomme en
plus pair de France. Il meurt le 29 mai 1847 à Saint-Etienne,
de retour d'un voyage en Italie.
Le général Drouet d'Erlon disait de lui : "C'était un
de nos officiers généraux les plus distingués, mais il n'avait
pas encore commandé en chef et se trouvait, à son début,
dans une position des plus difficiles. Dans un commandement
aussi important, une grande responsabilité pesait sur lui
; il a cru probablement devoir ne pas dépasser ses instructions
et attendre de nouveaux ordres."
Le commandant Henry Lachouque aura un honnête jugement :
"Napoléon avait nommé maréchal et mis à la tête d'une
armée Grouchy, l'un des vainqueurs de Hohenlinden, brillant
manieur de cavalerie à Friedland, Borodino, en Champagne,
et qui venait d'annihiler le duc d'Angoulême, mais n'avait
jamais commandé en chef."
A Sainte-Hélène, dans le Mémorial, Napoléon
dira de lui : "Le maréchal Grouchy avec 34 000 hommes
et 108 pièces de canon a trouvé le secret qui paraissait
introuvable de n'être, dans la journée du 18, ni sur le
champ de batallle de Mont-Saint-Jean: ni sur Wavres... La
conduite du marechal Grouchy était aussi imprévoyable que
si, sur sa route, son armée eût éprouvé un tremblement de
terre qui l'eût engloutie."
A Sainte-Hélène, Napoléon dira à O'Meara : "Non, non,
Grouchy n'a pas agi avec l'intention de trahir mais il a
manqué d'énergie."
page tirée du site http://perso.wanadoo.fr/buddyop
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