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Histoire de la Presqu'île de Quiberon

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1746 Le sac de la presqu'île
1759 La bataille des Cardinaux
1778 La Motte Piquet reconnait Les Etats Unis comme état indépendant
1795 L'affaire de Quiberon

1844-46-4
7 : Chapelle de Lotivy, le "Monte christo", Flaubert à Quiberon
13 Juin 1856 : Saint Pierre devient commune indépendante
Fin du 19ème : visiteurs célèbres
et construction du chemin de fer

Page 1

Préhistoire
Les celtes
Les romains et les gaulois
Le moyen âge


Page 3

1899 Retour de Dreyfus de l'Ile du Diable- Plus sur l'Affaire Dreyfus J'accuse
1900 Edification de la statue de Hoche (plus sur l'oeuvre de J.A.Dalou)
Hôtes célèbres du 20ème : Anatole Le Braz, Anatole France......
1911 Naufrage du Carl Bech
1913-1914 Le terrain d'aviation
1919 Naufrage de "la France",
1926 Phare des birvideaux"
1940 occupation construction de Port Haliguen
1945-1977

Le sac de la presqu'île

L'année 1746 sera marquée par un débarquement de la grande escadre anglaise de l'amiral Lestock composée de 40 vaisseaux

"L'Ardent" qui fut coulé par les anglais juste avant leur débarquement sur la presqu'île, les restes de l'épave se trouvent toujours à l'entrée du Port de Port Maria>

Le 15 octobre, l'amiral anglais envoie à terre son capitaine de pavillon "pour sommer la péninsule de se rendre". Monsieur de Penhoët, capitaine général refuse. Mais les Highlanders sous les ordres du général Sinclair battent les hommes de monsieur de Penhoët .Les habitants de la Presqu'île fuient vers le continent dans un exode de charettes chargées en hâte de linge, de meubles, de femmes et d'enfants ; les fuyards poussant devant eux le bétail.

Le commandant des troupes britanniques, Sinclair, fait l'impossible pour empêcher le départ du précieux bétail.

Huit jours d'occupation britannique avaient suffit pour ruiner Quiberon. Tout est pillé, saccagé et brûlé.... Sur 22 hameaux, 12 sont complètement incendiés Le Duc de Penthièvre vient se rendre compte des dégâts. Il fera l'impossible pour doter la Presqu'île de défenses efficaces et offre même de payer personnellement "ce que l'ouvrage coûtera au delà des crédits officiels". ( 18 000 livres tournoi). Le projet de "Redoute de Quiberon" fut préparé par M.Marolles. La crainte de l'anglais encore présente, trois autres Redoutes échelonnés seront construites en 1761. La construction du Fort Penthièvre commence en 1747
Pour en savoir plus sur cette époque : Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne.
l'auteur évoque aussi Quiberon au moyen-âge (sans date, postérieur à 1777, antérieur à 1789) tome II et G.Bernier

Plus de détails sur "le sac de Quiberon"

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20 Novembre 1759 - Bataille des Cardinaux

La flotte française de 22 navires, commandée par L'Amiral de Conflans est battue par la flotte anglais de l'Amiral Hawke au large de quiberon

Plus de détails sur cette bataille

Dans les archives de la marine anglaise on trouve aussi les traces de la bataille qu'ils appellent la bataille de la baie de Quiberon.
3 Lettres d'anglais participant à cette bataille
(l'amiral Hawke, un chapelain, un officier)


La baie de Quiberon en 1769
(Cliquez pour agrandir
)

 

14 Février 1778 Lamotte Picquet -John Paul Jones

Croisant dans la baie de Quiberron, le vaisseau le"Robuste" de La Motte-Picquet rendit les honneurs au bateau le "Ranger" commandé par John Paul Jones. Ce faisant il le reconnaissait comme "navire amiral" et non comme un navire secondaire d'une colonie anglaise.

<<< John Paul Jones

C'est donc dans la Baie de Quiberon en face de Port Haliguen que les Etats Unis d'Amérique furent reconnus pour la première fois comme une nation indépendante.

La Motte Picquet >>>

Une plaque commémorative est scellée au quai séparant Port Haliguen 1 de la plage de Porigo

Plus sur le contexte de cette reconnaissance

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1795 L'affaire de Quiberon

En septembre 1794, le Comte de Puisaye, véritable penseur du débarquement de Quiberon, gagne l'Angleterre pour solliciter l'aide des insulaires. Fort du soutien du comte d'Artois, frère du défunt Louis XVI, il persuade le gouvernement anglais du possible renversement de la République par le soulèvement de la Bretagne rejointe par les royalistes émigrés.
Avec le concours financier et matériel du premier ministre William Pitt, la flotte anglaise s'apprête à débarquer 5.400 hommes armés avec, à leur tête, le comte d'Hervilly secondé de Rotalier. Puisaye, lui, est nommé général en chef de l'armée catholique et royale de Bretagne, par le comte d'Artois. Profitant de l'offre de paix du général Hoche, le chef chouan des Côtes du Nord rend les armes en décembre 1794.
La reddition du chef chouan modifie alors la destination du débarquement : il aura lieu en baie de Quiberon. Face à la réactivité et à l'organisation de l'armée républicaine, les Blancs se retranchent rapidement sur la presqu'île de Quiberon après avoir conquis Landévant et Auray. Pris au piège, les Emigrés se déchirent, à l'image de leur commandement. Le courage de quelques chefs chouans ne suffit pas à sauver de la répression de nombreux royalistes. Sur les 6.262 personnes arrêtées, 748 sont fusillées. Trois semaines auront suffi à l'armée du général Hoche pour réduire le dessein royaliste en cauchemar. L'Histoire lui a laissé un nom :

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Le père de Victor Hugo, Joseph-Léopold-Sigisbert, s’engagea comme cadet en 1788, à l’âge de quatorze ans. Trois ans après son entrée au service, Léopold Hugo était devenut fourrier marqueur et attaché à l’état-major.
En 1795 Hugo était alors chef d’état-major des armées républicaines. Il prit part à l’expédition de Quiberon et devint plus tard sera comte et général d'Empire (mon père, ce héros au sourire si doux).

Du 11 au 17 février 1821 Victor Hugo écrit une ode sur Quiberon inspirée par l'Affaire de Quiberon et publiée dans Odes et Ballades 1818/22. Livre premier.

Quiberon

Par ses propres fureurs le Maudit se dévoile ;
Dans le démon vainqueur on voit l'ange proscrit ;
L'anathème éternel, qui poursuit son étoile,
Dans ses succès même est écrit.
Il est, lorsque des cieux nous oublions la voie,
Des jours, que Dieu sans doute envoie
Pour nous rappeler les enfers ;
Jours sanglants qui, voués au triomphe du crime,
Comme d'affreux rayons échappés de l'abîme,
Apparaissent sur l'univers.

Poëtes qui toujours, loin du siècle où nous sommes,
Chantres des pleurs sans fin et des maux mérités,
Cherchez des attentats tels que la voix des hommes
N'en ait point encor racontés,
Si quelqu'un vient à vous vantant la jeune France,
Nos exploits, notre tolérance,
Et nos temps féconds en bienfaits,
Soyez contents ; lisez nos récentes histoires,
Evoquez nos vertus, interrogez nos gloires :
Vous pourrez choisir des forfaits !

Moi, je n'ai point reçu de la Muse funèbre
Votre lyre de bronze, ô chantres des remords !
Mais je voudrais flétrir les bourreaux qu'on célèbre,
Et venger la cause des morts.
Je voudrais, un moment, troublant l'impur Génie,
Arrêter sa gloire impunie
Qu'on pousse à l'immortalité ;
Comme autrefois un grec, malgré les vents rapides,
Seul, retint de ses bras, de ses dents intrépides,
L'esquif sur les mers emporté !

II

Quiberon vit jadis, sur son bord solitaire,
Des français assaillis s'apprêter à mourir,
Puis, devant les deux chefs, l'airain fumant se taire,
Et les rangs désarmés s'ouvrir.
Pour sauver ses soldats l'un d'eux offrit sa tête ;
L'autre accepta cette conquête,
De leur traité gage inhumain ;
Et nul guerrier ne crut sa promesse frivole,
Car devant les drapeaux, témoins de leur parole,
Tous deux s'étaient donné la main !

La phalange fidèle alors livra ses armes.
Ils marchaient ; une armée environnait leurs pas,
Et le peuple accourait, en répandant des larmes,
Voir ces preux, sauvés du trépas.
Ils foulaient en vaincus les champs de leurs ancêtres ;
Ce fut un vieux temple, sans prêtres,
Qui reçut ces vengeurs des rois ;
Mais l'humble autel manquait à la pieuse enceinte,
Et, pour se consoler, dans cette prison sainte,
Leurs yeux en vain cherchaient la croix.

Tous prièrent ensemble, et, d'une voix plaintive,
Tous, se frappant le sein, gémirent à genoux.
Un seul ne pleurait pas dans la tribu captive :
C'était lui qui mourait pour tous ;
C'était Sombreuil, leur chef. Jeune et plein d'espérance,
L'heure de son trépas s'avance ;
Il la salue avec ferveur.
Le supplice, entouré des apprêts funéraires,
Est beau pour un chrétien qui, seul, va pour ses frères
Expirer, semblable au Sauveur.

«Oh ! cessez, disait-il, ces larmes, ces reproches,
Guerriers ; votre salut prévient tant de douleurs !
Combien à votre mort vos amis et vos proches,
Hélas ! auraient versé de pleurs !
Je romps avec vos fers mes chaînes éphémères ;
A vos épouses, à vos mères,
Conservez vos jours précieux.
On vous rendra la paix, la liberté, la vie ;
Tout ce bonheur n'a rien que mon cœur vous envie ;
Vous, ne m'enviez pas les cieux.»

Le sinistre tambour sonna l'heure dernière,
Les bourreaux étaient prêts ; on vit Sombreuil partir.
La sœur ne fut point là pour leur ravir le frère, –
Et le héros devint martyr.
L'exhortant de la voix et de son saint exemple,
Un évêque, exilé du temple,
Le suivit au funeste lieu ;
Afin que le vainqueur vît, dans son camp rebelle,
Mourir, près d'un soldat à son prince fidèle,
Un prêtre fidèle à son Dieu !

III

Vous pour qui s'est versé le sang expiatoire,
Bénissez le Seigneur, louez l'heureux Sombreuil ;
Celui qui monte au ciel, brillant de tant de gloire,
N'a pas besoin de chants de deuil !
Bannis, on va vous rendre enfin une patrie ;
Captifs, la liberté chérie
Se montre à vous dans l'avenir.
Oui, de vos longs malheurs chantez la fin prochaine ;
Vos prisons vont s'ouvrir, on brise votre chaîne ;
Chantez ! votre exil va finir.

En effet, des cachots la porte à grand bruit roule,
Un étendard paraît, qui flotte ensanglanté ;
Des chefs et des soldats l'environnent en foule,
En invoquant la liberté !
«Quoi ! disaient les captifs, déjà l'on nous délivre !...»
Quelques-uns s'empressent de suivre
Les bourreaux devenus meilleurs.
«Adieu, leur criait-on, adieu, plus de souffrance ;
Nous nous reverrons tous, libres, dans notre France !»
Ils devaient se revoir ailleurs.

Bientôt, jusqu'aux prisons des captifs en prières,
Arrive un sourd fracas, par l'écho répété ;
C'étaient leurs fiers vainqueurs qui délivraient leurs frères,
Et qui remplissaient leur traité !
Sans troubler les proscrits, ce bruit vint les surprendre ;
Aucun d'eux ne savait comprendre
Qu'on pût se jouer des serments ;
Ils disaient aux soldats : «Votre foi nous protège ;»
Et, pour toute réponse, un lugubre cortège
Les traîna sur des corps fumants !

Le jour fit place à l'ombre et la nuit à l'aurore,
Hélas ! et, pour mourir traversant la cité,
Les crédules proscrits passaient, passaient encore,
Aux yeux du peuple épouvanté !
Chacun d'eux racontait, brûlant d'un saint délire,
A ses compagnons de martyre
Les malheurs qu'il avait soufferts ;
Tous succombaient sans peur, sans faste, sans murmure,
Regrettant seulement qu'il fallût un parjure,
Pour les immoler dans les fers.

A coups multipliés la hache abat les chênes.
Le vil chasseur, dans l'antre ignoré du soleil,
Egorge lentement le lion dont ses chaînes
Ont surpris le noble sommeil.
On massacra longtemps la tribu sans défense.
A leur mort assistait la France,
Jouet des bourreaux triomphants ;
Comme jadis, aux pieds des idoles impures,
Tour à tour, une veuve, en de longues tortures,
Vit expirer ses sept enfants.

C'étaient là les vertus d'un sénat qu'on nous vante !
Le sombre esprit du mal sourit en le créant ;
Mais ce corps aux cent bras, fort de notre épouvante,
En son sein portait son néant.
Le colosse de fer s'est dissous dans la fange.
L'anarchie, alors que tout change,
Pense voir ses œuvres durer ;
Mais ce Pygmalion, dans ses travaux frivoles,
Ne peut donner la vie aux horribles idoles
Qu'il se fait pour les adorer.

IV

On dit que, de nos jours, viennent, versant des larmes,
Prier au champ fatal où ces preux sont tombés,
Les vierges, les soldats fiers de leurs jeunes armes,
Et les vieillards lents et courbés.
Du ciel sur les bourreaux appelant l'indulgence,
Là, nul n'implore la vengeance,
Tous demandent le repentir ;
Et chez ces vieux bretons, témoins de tant de crimes,
Le pèlerin, qui vient invoquer les victimes,
Souvent lui-même est un martyr.

Il écrit à Chateaubriand, le 9 mars 1821 :
"J'ai fait et j'ai lu à la Société des Bonne Lettres une ode sur Quiberon, que je prends la liberté de vous envoyer ci-jointe. Quiberon tient à la Vendée : c'est de votre domaine."
Chateaubriand lui répondit de Berlin, le 20 mars 1821
"J'ai retrouvé, Monsieur, dans votre ode sur Quiberon le talent que j'ai remarqué dans les autres pour la poésie lyrique : elle est de plus extrêmement touchante et elle en m'a fait pleurer. Je suis bien honteux, je vous l'assure, de n'avoir pas fait l'article que je vous ai promis.
Je n'y ai pas renoncé et je me ferai un vrai plaisir de rendre la France attentive à un vrai talent inspiré par des sentiments élevés et généreux. Je vois tous les jours vanter dans les journaux des vers qui sont loin de valoir les vôtres.
Si j'avais quelque commission à faire à Paris, Monsieur, je m'adresserais bien volontiers à vous, comptant sur votre obligeance. Je vous remercie de m'avoir envoyé votre nouvel ouvrage et je vous prie de croire que je vous suis entièrement dévoué
."
V. H. à Pinaud, le 28 mars 1821 :
"Pour moi, monsieur, à qui ces couronnes ont été accordées avec une indulgence qui me confond autant qu'elle m'honore, je tâche de devenir moins indigne de la distinction que l'Académie a bien voulu me décerner en m'admettant si jeune au nombre de ses maîtres. Cette faveur signalée et si peu méritée m'encourage beaucoup et m'oblige à beaucoup. Je le sens avec crainte, en vous envoyant une ode nouvelle sur l'épouvantable trahison de Quiberon. Elle a été faite pour l'Académie ; aussi me suis-je toujours refusé à la laisser imprimer et ai-je même toujours empêché qu'on en insérât des strophes détachées dans les journaux. J'ai voulu qu'elle entrât entièrement inédite dans votre Recueil, si toutefois (et je serais heureux qu'il en fût ainsi) vous jugez que ce morceau puisse être lu à votre brillante séance du 3 mai, sans trop la déparer."
Pinaud à V.H., le 7 mai 1821 :
"... Il lui (à l'Académie) sera toujours agréable, autant que glorieux, de vous donner place dans ses publications annuelles, où vos ouvrages seront, sous plus d'un rapport, le modèle peu encourageant, sans doute, mais toujours sûr, des athlètes de nos jeux.
Le petit volume que je me hâte de vous envoyer vous apporte cependant un exemple de l'inconvénient qu'il peut y avoir à ne me remettre une pièce destinée au recueil, que lorsqu'il est déjà dans les mains de l'imprimeur et sur le point de paraître. Il ne me reste pas alors le tems de vous consulter sur les scrupules de l'académie, et sur les résultats qu'ils peuvent avoir, lorsqu'ils donnent lieu à une décision formelle. Quelques mots de votre seconde strophe ayant paru à la majorité de l'assemblée porter un caractère d'injure contre la France entière, il intervint délibération contre votre colère lyrique, et comme il était depuis long-tems impossible de recourir a vous, pour le changement exigé, avant l'impression déjà presque terminée du recueil, il a fallu y omettre la strophe entière ainsi qu'à la lecture du 3 mai.
Votre manuscrit étant resté soit chez MM. les censeurs qui surveillent l'impression, soit chez l'imprimeur, je ne puis pas le comparer à l'ode imprimée. Mais à ne voir que celle-ci, bien qu'il y ait quelque brusquerie dans le mouvement Moi je n'ai point reçu de la muse. etc., qui se liait parfaitement aux idées de la 2e strophe, la suppression de cette strophe n'a, ce me semble, rien de choquant dans une composition qui n'exige pas une liaison très marquée dans les idées. Quoiqu'il en soit, je puis vous assurer que la lecture de cet ouvrage a produit le plus grand effet, M. de Rességuier, que j'avais prié de la faire et qui s'en est acquitté à merveille, a été couvert d'applaudissemens. Un singulier hasard avait placé près de moi un monsieur qui exprimait son admiration par des larmes et des sanglots mal étouffés ; j'appris bientôt que c'était un gentilhomme du Querci dont le père, M. de Folmond, commandait le fort de Quiberon à l'époque du désastre et fut assassiné comme les autres par les soldats du Sénat qu'on nous vante.
"

Victor Hugo œuvres complètes, Édition Chronologie sous la direction de Jean Massin, T1

1834

Victor Hugo, accompagné de Juliette Drouet dont il partage la vie depuis un an, fait un séjour à Quiberon .

Chapelle de Lotivy

6 novembre 1844, une humble et pieuse jeune fille, Marie-Françoise Sonic, qui soignait sa mère malade à Kerhostin, décide un soir d'aller dire une prière devant une statue de la Vierge abritée dans un angle des ruines de la vieille chapelle de Lotivy. Pendant sa prière elle entend très distinctement une voix lui disant en breton: " Ma fille, allez dire de reconstruire cette chapelle en mon nom". Très émue, rentrant au village, elle raconte son aventure. Dans le même temps, L'Abbé Pascal Le Toullec, originaire de Quiberon, a, durant une prière, la pensée obsédante de reconstruire la chapelle de Lotivy. Son projet soulève l'enthousiasme. Il le mènera à bien puisque le 8 septembre 1845, le premier pardon peut se dérouler dans la chapelle reconstruite. La chapelle est dédiée à la Vierge mais elle conserve la petite statue de Saint-Ivy, premier possesseur des lieux. Le pardon de Notre-Dame de Lotivy est encore très émouvant et empreint de beaucoup de ferveur ."

Naufrage du Monte Christo :
Au matin de la nuit du 23 décembre 1846, nuit de tempête,on apprit qu'un grand trois-mâts de Nantes, le "Monte Cristo", s'était brisé sur les rochers de Port-Goulom (Port Pigeon). La mer l'y avait projeté avec une telle force que son bout-dehors reposait sur le sommet de la falaise. On identifia le corps du Capitaine.
Le maire de Quiberon, Pierre Le Toullec, fit les constations légales. Et la rumeur commença à courir les villages de la Presqu'île : un pillard pressé aurait coupé le doigt du Capitaine moribond sans attendre son décès pour lui voler sa bague et celui-ci l'aurait maudit, on aurait vu l'épouse du capitaine au cimetière et elle aurait maudit les pillards jusqu'à la 6ème génération...d'autres histoires encore.... Plus d'un siècle plus tard, le récit du pillage du bateau a connut maintes versions .
"Les Quiberonnais n'étaient pas des naufrageurs, soit, mais des pilleurs d'épaves, je ne dis pas. Les races côtières ont eu cet instinct dans le sang ; on ne refusait pas le don de la grande pourvoyeuse, fut-il tragique. Les femmes surtout voulaient leur part, la mer leur prenait assez d'hommes..."
< la tombe du Capitaine Collet existe toujours au cimetière de St-Pierre-Quiberon (photo A.Bertel)


1847
Deux amis ont décidé de faire à pied et sac au dos le tour de Bretagne et de Normandie : Gustave Flaubert et Maxime Du Camp.
Flaubert a 26 ans ce printemps-là. Il tirera un livre de son périple. "Par les champs et par les grèves". Voici deux courts extraits des souvenirs du voyage à Quiberon de Flaubert :
"la lieue qu'il nous restait à faire pour aller de Saint-Pierre à Quiberon fut lestement avalée, malgré une route montueuse à travers des sables, malgré le soleil qui faisait crier sur nos épaules la bretelle de nos sacs, et nonobstant quantité de menhirs qui se dressaient dans la campagne. A Quiberon nous déjeunâmes chez le vieux Rohan Belle-Isle qui tient l'hôtel Penthièvre..."
"... Le passé de Quiberon se résume dans un massacre, sa plus grande curiosité est un cimetière; il est plein, il regorge, il fait craquer ses murs, il déborde dans la rue, les pierres tassée se brisent aux angles, montent les unes sur les autres, s'envahissent, se submergent et se confondent, comme si les morts gênés dessous soulevaient leurs épaules pour sortir de leurs tombeaux. On dirait de quelque Océan pétrifié dons ces tombes sont les vagues et où les croix seraient les mâts des vaisseaux perdus..."
Maxime Du Camp, n'éditera pas ses notes de voyage.

A cette époque, le cimetière se trouvait au nord de la vieille église dont l'emplacement était sous le choeur, les deux sacristies et les quatre chapelles et les trancepts de l'église actuelle. Il était situé à l'emplacement de la nef actuelle, des bas-côtés et du parvis. Un nouveau cimetière fut créé à l'est de la Croix de Brétinio soit à l'est du Monument aux Morts en 1849.
1872 un nouveau cimetière fut créé au nord de la ville en bordure de la route nationale à son emplacement acuel. .

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13 juin 1856, "Indépendance" de Saint Pierre
Après plusieurs demandes, les habitants de la section de Saint-Pierre obtiennent enfin gain de cause, c'est à dire la loi qui érige en commune la section de Saint-Pierre (Morbihan). Elle est promulguée par Napoléon III le 13 Juin 1856.

Fin du 19ème siècle

Visiteurs célèbres
Septembre 1874, l'auteur des "Lettres de mon moulin", du "Petit Chose" et de "Tartarin de Tarascon", Alphonse Daudet, rend visite à Quiberon pour soigner un mal de Pian. Il est accompagné de son épouse et de son fis, le petit Léon, alors agé de 6 ans. Toute la famille descend à l'hôtel Penthièvre, situé au bourg de quiberon, près de l'église, tenu par la famille Pouligner. A la suite de ce séjour, il écrira un roman bien oublié aujourd'hui "La petite paroisse" réédité en 1995.
1881, le peintre Claude Monet, âgé de 41 ans, traverse Quiberon pour se rendre à Belle-Ile où il va peindre des "Marines" qui deviendront célèbres.
Août 1893, la grande comédienne Sarah Bernhardt, âgée alors de 49 ans, effectue un premier voyage vers Quiberon, puis vers Belle-Ile. Pendant 30 ans elle passera ainsi tous les ans à Quiberon pour rejoindre sa maison de Belle-Ile

Eté 1896, Henry Ceard, écrivain parisien, qui deviendra plus tard académicien Goncourt, s'installe pour les vacances dans une maison de Port Haliguen. Il se plaît beaucoup à Quiberon et s'y fixera dix ans.
1906, il publiera "Terrains à vendre au bord de la mer" inspiré par la vie locale des Quiberonnaiset des estivants (Roman réédité en l'an 2000)

Construction du Chemin de fer
12 juillet 1882, le maire de Quiberon informe son conseil municipal que l'inauguration du Chemin de Fer aura lieu le dimanche 23 juillet. Tout Quiberon est là pour saluer le premier train pavoisé de drapeaux tricolores. Initialement construite dans un but stratégique pour acheminer les munitions vers les différentes batteries de la côte, ainsi que celles de Belle-Ile, le but stratégique de cette liaison va très rapidement s'estomper, mais elle va accroître dans des proportions considérables la fréquentation touristique de la Presqu'île.

Création du Boulevard Chanard
24 août 1884, au cours d'une réunion du conseil municipal, le Maire expose que la plage de Quiberon prenant de plus en plus d'extension, il y a lieu, pour y attirer les baigneurs et faciliter la construction de maisons de résidence d'été, de créer un boulevard. La vie mondaine et estivale progresse sans cesse à Quiberon depuis que son accès est facilité par le Chemin de Fer.

Le Casino
Février 1893, Pour la distraction de cette clientèle, Monsieur Clédat fait édifier , un Casino place du Varquès.

 Simonot: Affiche SNCF grotte de Port-Bara, 1919>39 3/8 x 24 1/2 in.100 x 62 cm

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Pour en savoir plus sur la presqu'ïle en général Lisez le Livre de Mme Claude Dervenn "Quiberon Presqu'île" ou Visitez notre musée

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