Le comte Joseph de Puisaye, est
né à Mortagne, dans le Perche en 1755. Elu de la noblesse
du Perche à l'Assemblée Constituante, promu maréchal
de camp en 1791, il devint en 1793, chef d'état-major
de Wimpffen. Il commande en juin l'avant garde de l'armée
insurrectionnelle et marche contre la Convention. Cette
armée ayant été mise en déroute, il s'enfuit en Bretagne
et reprend les plans insurrectionnels du Marquis de
La Rouërie .
Après la désastreuse retraite de l'armée York, les débris
de la plupart des régiments émigrés se sont retrouvés
en Angleterre qui elle n'a pas désarmé. Belgique, Pays-bas
et Hanovre sont perdus ? Soit, on portera la guerre
sur le sol Français ! En septembre 1794,
Puisaye se rend à Londres où il travaille sur
un projet d'expédition sur les côtes de l'ouest pendant
huit mois. II convainc finalement le ministre Pitt qui
met à sa disposition navires, équipements, armes et
argent. Quand aux hommes, pas de soldats Anglais, les
émigrés vont reprendre du service. Leurs unités
ayant été sévèrement décimées, on va donc entreprendre
de les réorganiser et d'en augmenter les effectifs.
Les volontaires émigrés, nobles ou roturiers, sont encore
nombreux mais ne suffisent pas. De plus le temps presse,
les Anglais ne seront peut-être pas aussi bien disposés
très longtemps (l'opposition au projet est forte).
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Le
comte d'Hervilly lève son régiment en
1794. II est largement formé de réfugiés Toulonnais
et des débris du Royal-Louis ayant fuis la ville
(400 soldats). On ajoute à ces 7 ou 800 hommes
environ un demi-millier de prisonniers Français.
Marins de guerre ou de commerce, soldats extirpés
des pontons Anglais un peu trop facilement.
Leur comportement ira de la franche trahison
au sacrifice suprême. En juin 1795, 80 officiers
et 1238 soldats sont sur le pied de guerre. |
Le regiment Du Dresnay (ou de
Léon) est formé à Jersey en 1794 autour d'un
fort noyau d'officiers de marine Bretons et de gentilshommes.
La encore, pour étoffer, on recrute des prisonniers,
si possible natifs de Bretagne. Dans l'ensemble, leur
tenue au combat sera mauvaise. En juin, l'unité compte
600 hommes.
Rotalier (ou Royal Artillerie)
regroupe de nombreux Toulonnais, des marins de
commerce, des ex-officiers, des gentilshommes et quelques
prisonniers. II rassemble 600 hommes et 10 canons. Cette
unité se distinguera par sa discipline et sa cohésion.
II est vrai que le comte de Rotalier sera le seul colonel
à accompagner son régiment dans l'expédition. Les autres
restant en Angleterre pour une sombre histoire d'ancienneté
de commandement.
Hector (ou Marine Royale) compte
700 hommes, là encore, marins, officiers, Toulonnais
et prisonniers.
Loyal-emigrant et ses 250
vétérans complètent le 1er échelon de l'armée d'invasion
commandée par Puisaye et D' Hervilly.
On formera une petite unité de cavalerie,
les
hussards de Warren (63 hommes) ainsi nommés en
l'honneur du commandant Anglais de la flotte, l'amiral
Warren.
Un second corps est prévu sous les ordres du Comte de
Sombreuil et se compose:
Du régiment de Rohan, ou
plutôt d'une partie car son chef refusant de servir
sous Sombreuil a rejoint l'Autriche avec beaucoup de
ses soldats, reste donc 300 hommes.
Des "vieux briscards" des
légions
de Beon (250 hommes) et
Damas (150) ainsi que des 150 rescapés du régiment
de Salm.
Les 150 soldats du
régiment d'infanterie
légère de Périgord complètent cette maigre mais
valeureuse troupe. (Périgord a été constitué en Hollande
en 1794 mais n'a guère eu l'occasion de se battre. On
y trouve surtout des gentilshommes émigrés.)